Reportage · Loire
Dans les vignes d’Anjou, le chenin affronte des conditions climatiques inédites. Printemps précoces, étés brûlants, vendanges décalées : le cépage emblématique de la Loire doit se réinventer.
Les vignerons angevins le disent sans détour : les repères ont changé. Les dates de vendanges ont glissé de deux à trois semaines en vingt ans. Certains expérimentent : vendanges de nuit, enherbement des vignes, retour aux porte-greffes anciens.
Ce qui donne de l’espoir, c’est le terroir lui-même. Les tuffes et schistes de l’Anjou ont une capacité naturelle à réguler la chaleur. Et le chenin garde une acidité naturelle que bien d’autres cépages ont perdue. L’an zéro, pour ces vignerons, c’est un point de départ — pas une catastrophe.