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Michel Bouzereau est décédé, Meursault perd l’une de ses grandes figures

Domaine Michel Bouzereau et Fils
Domaine Michel Bouzereau et Fils

Le vigneron bourguignon Michel Bouzereau s'est éteint le 16 juillet à l'âge de 86 ans. Artisan discret du rayonnement de Meursault, il laisse derrière lui bien plus qu'un domaine reconnu, un héritage familial transmis sur huit générations et l'image d'un homme profondément attaché à sa terre, à son village et à la transmission de son savoir.

Il y a des hommes qui consacrent leur vie entière à une même terre. Michel Bouzereau était de ceux-là.

Décédé le 16 juillet dernier à l’âge de 86 ans, le fondateur du Domaine Michel Bouzereau et Fils incarnait cette génération de vignerons bourguignons qui ont façonné la réputation de Meursault par le travail, la patience et une fidélité sans faille à leur terroir. Pendant près de soixante ans, il aura accompagné l’évolution de la Bourgogne tout en restant fidèle à une conviction simple : un grand vin naît avant tout d’une connaissance intime de ses vignes et d’une transmission entre les générations.

Une vie au rythme de la vigne

Né le 16 octobre 1939 à Meursault, Michel Bouzereau grandit au cœur du vignoble familial. Après ses études, il rejoint naturellement son père Robert et son frère Pierre pour travailler les vignes de la famille, installée dans le village depuis sept générations.

Les années 1960 marquent une période de profondes transformations. Les deux frères entreprennent d’importantes campagnes de replantation afin de préparer l’avenir du domaine. Puis, en 1971, chacun choisit de créer sa propre exploitation. Michel fonde alors le Domaine Michel Bouzereau et Fils, tout en conservant des liens étroits avec son frère.

À une époque où une grande partie des vins de Bourgogne étaient encore commercialisés en vrac, il fait partie des vignerons qui prennent le pari de la mise en bouteille au domaine. Ce choix, encouragé par les marchés à l’export, contri

buera à renforcer l’identité des propriétés familiales bourguignonnes et à mieux valoriser leur savoir-faire auprès des amateurs du monde entier.

Un domaine devenu une référence

Au fil des décennies, Michel Bouzereau développe patiemment son vignoble et construit la réputation du domaine.

Aujourd’hui, la propriété s’étend sur un peu plus de 10 hectares répartis entre plusieurs des plus belles appellations de la Côte de Beaune, notamment Meursault et Puligny-Montrachet, mais également Volnay, Beaune et Pommard.

Les vins du domaine se distinguent par leur précision, leur finesse et leur capacité de garde. Une régularité saluée depuis de nombreuses années par les critiques et les guides spécialisés, qui voient dans cette propriété l’une des belles signatures de Meursault.

Mais ceux qui ont connu Michel Bouzereau savent que la reconnaissance n’a jamais été une finalité. Ce qui comptait avant tout était de produire des vins fidèles à leur terroir, sans céder aux effets de mode.

Transmettre avant tout

Pour Michel Bouzereau, la plus belle réussite ne se mesurait pas uniquement dans les bouteilles.

Au début des années 1990, son fils Jean-Baptiste rejoint naturellement le domaine. Pendant près de dix ans, père et fils travaillent côte à côte avant que Michel ne lui transmette officiellement les rênes de l’exploitation en 1999.

Cette retraite ne marque pourtant jamais une véritable rupture. Toujours présent au domaine, il continue d’accompagner son fils avec bienveillance, partageant son expérience et son regard sur les vignes.

Ces derniers mois, une immense satisfaction l’animait : voir son petit-fils Paul rejoindre à son tour l’exploitation familiale. Huit générations de vignerons se succèdent désormais à Meursault, une continuité exceptionnelle qui résume à elle seule toute l’histoire de la famille Bouzereau.

Le vigneron bourguignon Michel Bouzereau s'est éteint le 16 juillet à l'âge de 86 ans. Artisan discret du rayonnement de Meursault, il laisse derrière lui bien plus qu'un domaine reconnu, un héritage familial transmis sur huit générations et l'image d'un homme profondément attaché à sa terre, à son village et à la transmission de son savoir.

Un homme profondément enraciné

Michel Bouzereau n’était pas seulement un vigneron reconnu. Il était aussi un homme engagé dans la vie de son village.

Il présida successivement la Société de secours mutuel de Saint-Vincent puis le Syndicat viticole de Meursault, mettant son expérience au service de la profession et de la défense de son appellation.

Passionné d’histoire locale, doté d’une mémoire remarquable et d’un véritable talent de conteur, il aimait transmettre les récits du village, des climats et des hommes qui avaient façonné ce vignoble d’exception.

Même après avoir quitté les commandes du domaine, il consacrait une grande partie de son temps à une autre passion : le travail de la pierre. Restaurer les murets des vignes ou redonner vie aux ouvrages anciens constituait pour lui une autre manière de préserver le patrimoine de Meursault.

Un héritage qui dépasse les vins

Avec la disparition de Michel Bouzereau, la Bourgogne perd l’un de ces vignerons qui ont accompagné la transformation de leur région sans jamais renoncer à leurs valeurs.

Discret, exigeant et profondément attaché à sa terre, il aura traversé les grandes évolutions de la viticulture bourguignonne, depuis les années où le vin partait encore en vrac jusqu’à l’affirmation internationale des domaines familiaux.

Mais son plus bel héritage se trouve sans doute ailleurs. Il vit dans les gestes transmis à son fils Jean-Baptiste, désormais prolongés par son petit-fils Paul, dans les murs de pierre qu’il a restaurés, dans les parcelles qu’il a patiemment entretenues et, bien sûr, dans chacune des bouteilles qui continuent de porter le nom de Bouzereau.

À Meursault, certaines familles écrivent l’histoire d’un village depuis plusieurs siècles. Michel Bouzereau en faisait partie. Son parcours rappelle que les grands domaines ne se construisent pas seulement avec de grands terroirs, mais aussi avec des femmes et des hommes qui consacrent leur vie à les faire vivre.

 

BON À SAVOIR

Un grand vin naît d’abord dans la vigne. C’est pourquoi le domaine accorde une attention particulière à chaque étape du travail viticole : les sols sont entretenus avec soin, les vignes sont taillées pour limiter naturellement les rendements et les raisins sont suivis de près jusqu’à leur parfaite maturité. Les vendanges sont ensuite réalisées entièrement à la main afin de sélectionner uniquement les plus belles grappes.

En cave, l’objectif est de préserver au maximum l’expression du fruit et du terroir. Les fermentations se déroulent naturellement, sans intervention excessive, puis les vins sont élevés plusieurs mois sur lies ou en fûts de chêne, selon les appellations. Cette vinification patiente permet de révéler des vins à la fois précis, équilibrés et fidèles à leur origine.

Fondateur de La Lettre du Vin. Quinze ans à écrire sur le vin, des grands crus aux pépites confidentielles, avec une obsession : rendre le vin accessible sans le simplifier.

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