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Dans le verre de Gautier Bossy, CEO de Pépites de Vin

À la tête de Pépites de Vin, Gautier Bossy fournit en vin mariages et fêtes privées. Son métier mêle la sélection des bouteilles, beaucoup de logistique et quelques demandes de clients improbables. Pour la Lettre du Vin, il confie les coulisses de son métier.

La Lettre du Vin : Comment êtes-vous tombé dans le vin ?

Gautier Bossy : Le déclic est venu en 2012, pendant mon stage d’école de commerce chez Nicolas. J’ai commencé à m’intéresser aux cépages, aux appellations, puis c’est devenu une vraie passion. J’ai passé les certifications du WSET en 2018, au moment de me réorienter.

Votre anecdote de mariage la plus folle ?

J’en ai deux. La première, c’est un mariage de clients belges : ils étaient 90 et m’ont commandé 90 magnums de champagne, en plus du vin blanc, du rosé et du rouge. Ils craignaient même que ça ne suffise pas mais je n’y croyais pas. La fête commence à 18 h. À 21 h, la wedding planner m’appelle : il n’y a plus de champagne. Deux bouteilles par personne en trois heures ! Le lendemain matin, j’ai fait livrer 90 magnums de plus !

La seconde est toute récente. Des clients très aisés m’ont pris des bouteilles à plus de 100 ou 150 € et voulaient une verrerie à la hauteur : des Zalto, ces verres autrichiens soufflés à la bouche. Pour 150 invités, il en faut au moins 600, et personne n’en loue, parce qu’ils sont trop fragiles et coûtent 30 à 40 € pièce. La mariée m’a rappelé quelques jours plus tard : elle en avait commandé 600 directement chez Zalto, livrés sur le lieu du mariage. Mettre 15 000 ou 20 000 € dans des verres, ça ne se voit pas tous les jours.

Votre plus grosse galère ?

Pour un mariage à Lyon, on a oublié de charger le champagne sur la palette, et on l’a découvert la veille au soir. On a appelé les cavistes autour du lieu de réception pour offrir aux invités un open bar chez eux. Ça nous a coûté quelques milliers d’euros. Le client avait commandé un champagne de vigneron et s’est retrouvé avec du Moët : il a gagné au change !

« Le Beaujolais souffre de l’image du Beaujolais nouveau. Mais un Moulin-à-vent ou un Chénas, il n’y a rien de mieux niveau équilibre »

Gauthier Bossy

Quelle est votre vision de votre métier ?

Une immense partie de mes journées est consacrée à la logistique. De mai à septembre, la logistique me prend la moitié de mes journées : réceptionner les livreurs, ranger, charger et décharger des palettes. Les gens imaginent que je déguste des crus dans mon bureau, ce n’est pas du tout ça !

Votre best-seller, et le vin idéal pour un mariage ?

Notre best-seller, c’est le champagne Jean Duclert, cuvée Harmonique, un excellent rapport qualité-prix, tout comme, en blanc, le Chablis de Christophe Patrice.

La plupart des mariages sur lesquels j’opère sont en Provence. Or quand on se marie l’été par 40 °C, on n’a pas envie d’un Châteauneuf-du-Pape trop puissant. Je conseille alors le vin idéal : un Morgon du Domaine des Vignes. Il présente beaucoup de caractère, contrebalancé par le Gamay très dentelé, très fin. Le Beaujolais souffre de l’image du Beaujolais nouveau, mais un Moulin-à-vent ou un Chénas, il n’y a pas meilleur équilibre.

Du tac au tac

  • Un rouge du moment : le Bandol du Domaine Tempier.
  • Un blanc du moment : l’Anjou blanc de Thibaud Boudignon, un chenin tendu et minéral.
  • Un resto : Tomette, à Marseille pour ses assiettes à partager et sa courte carte de vins bien travaillée.
  • Un caviste : Les Canons de Vauban, qui a aussi bien des vins à moins de 15 € que des bouteilles plus cotées.
  • Un domaine chouchou : Tempier, encore. J’y ai goûté une douzaine de millésimes au tonneau, et la propriétaire nous a ouvert un 1989. Un souvenir exceptionnel.

À la tête de Pépites de Vin, Gautier Bossy fournit en vin mariages et fêtes privées. Son métier mêle la sélection des bouteilles, beaucoup de logistique et quelques demandes de clients improbables. Pour la Lettre du Vin, il confie les coulisses de son métier.

Co-fondateur et rédacteur en chef adjoint. Ex-communicant et passionné de cartographie viticole, il met sa plume au service du vin et des hommes qui le font.

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