C‘est l’épilogue d’un feuilleton cousu de fil blanc. Après 4 années où il n’aura jamais réussi son pari, le Village de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon jette l’éponge. Au total, ce sont 5 restaurants qui baissent le rideau : La Cuisine Expérientielle, Le Manège à moutarde, la Gloriette, Meurette et Persillé et La Planche. Le bar Bamagotchi est lui aussi en liquidation. Seuls la boulangerie-pâtisserie, le cinéma et la Librairie Gourmande restent ouverts, pour le moment.
Inaugurée le 6 mai 2022 devant un millier d’invités, la Cité avait coûté 200 millions d’euros en partenariat public-privé et visait un million de visiteurs par an. Elle en annonçait 850 000 après un an. Les difficultés se sont ensuite enchaînées : abandon du projet d’hôtel Hilton fin 2024, offre de l’école Ferrandi revue faute de rentabilité, appel à l’aide de la librairie en janvier, puis liquidation de trois établissements du groupe Epicure en avril.
Au-delà du manque structurel de touristes, cet échec raconte aussi le désamour des Dijonnais pour un projet auquel ils n’ont jamais vraiment cru. Beaucoup ont boudé ce qu’ils voyaient comme un équipement pour touristes, coûteux pour la ville et pas pensé pour les locaux. À ce jour, le reste de la Cité demeure ouvert et la direction promet une « programmation différente et entièrement repensée ». À suivre.
Le cas de Dijon s’ajoute à la longue liste de projets similaires qui peinent à réaliser leurs ambitions, comme la Cité des Climats de Bourgogne de Beaune. Ces déconvenues posent nécessairement la question de la manière dont ces institutions s’adressent à leur public. Au fond, avant d’investir des millions dans ces projets pharaoniques, l’exemple dijonnais rappelle avec urgence la nécessité de repenser les récits sur le vin.


