Il avait quitté la crosse de hockey pour la plume ; le voici qui troque la glace pour les caves. Avec Le Palais (Gallimard, 416 pages), François-Henri Désérable signe l’un des vrais événements de cette rentrée : une épopée bachique menée tambour battant, de Delhi à New York en passant par Beaune.
Son héros, Arun Kumar, enfant des rues de Delhi adopté à huit ans par un couple de restaurateurs bourguignons, se découvre un don qui tient du prodige : un palais absolu. Une mémoire des arômes si infaillible qu’elle en devient vertigineuse. De ce nez surhumain, le jeune homme fera une arme, et le roman, un formidable prétexte au voyage.
Désérable orchestre là un vrai roman d’aventures, où le crime se déguste et où l’authenticité des grands crus devient un ressort de suspense. Chronique bourguignonne, récit d’apprentissage, réflexion espiègle sur ce qui fonde la valeur d’un vin : le palais, le prix ou la croyance ? Tout cela avance porté par un plaisir de conter manifestement contagieux, cette énergie de feuilleton qui a fait la réputation de l’auteur.
Le style pétille, l’humour affleure, et le sublime, souvent, entre par la porte de la farce. Gallimard ne s’y est pas trompé, qui a déjà cédé les droits dans une quinzaine de langues. Une fable gouleyante, à savourer comme un grand bourgogne : lentement, et jusqu’à la lie.


