Par amour du vin et de ceux qui le font

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Malgré la baisse de consommation, l’attachement intact des Français au vin

verres vin rouge

Pour la première fois, une étude mesure l'attachement des Français au patrimoine culturel du vin. Menée par le cabinet Deloitte pour Vin & Société, l'association qui représente la filière, auprès de 2 040 personnes, elle livre un verdict net : 86 % des Français estiment que le vin fait partie de l'identité culturelle du pays.

Il paraît que les Français se détournent du vin. Les chiffres semblent leur donner raison : en 2025, ils en ont bu 3,2 % de moins qu’un an plus tôt, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), et 60 % de moins que dans les années 1960. On débouche moins souvent une bouteille au déjeuner, le verre de rouge quotidien appartient de plus en plus au passé et les nouvelles générations entretiennent un autre rapport à l’alcool.

Mais faut-il vraiment y voir la fin de notre histoire d’amour avec le vin ? Pas si vite.

Car si les Français boivent moins, ils restent profondément attachés à ce que le vin représente. C’est tout l’intérêt de l’étude réalisée par Deloitte pour Vin & Société, l’association qui représente les acteurs de la vigne et du vin. Elle rappelle une évidence parfois oubliée dans les statistiques de consommation : le vin n’est pas seulement une boisson. C’est aussi une histoire de famille, de terroirs, de rencontres et de souvenirs.

Le vin, c’est d’abord le plaisir d’être ensemble

Que serait un dîner entre amis sans la bouteille apportée par un invité ? Un anniversaire sans quelques bulles ? Un déjeuner dominical sans le plaisir de choisir un vin pour accompagner le plat ?

C’est précisément cette dimension que les Français mettent en avant. Dans l’étude, la convivialité arrive en tête des valeurs associées au vin, citée par 70 % des répondants, devant l’héritage culturel et le rayonnement de la France (53 %) et les connaissances autour du vin (27 %). Autrement dit, avant de parler cépages, appellations ou millésimes, les Français parlent de partage.

Et c’est peut-être là toute la force du vin : il accompagne les moments qui comptent, sans qu’il soit nécessaire d’être un grand connaisseur pour les apprécier. « Attachement culturel et consommation responsable ne s’opposent pas », souligne Liesbeth de Fossé, économiste chez Deloitte, qui a mené l’étude.

Même ceux qui n’en boivent pas y sont attachés

C’est l’une des surprises de cette étude : l’attachement au vin dépasse largement le cercle de ceux qui en consomment.

On peut ne jamais ouvrir une bouteille et être fier des vignobles de Bourgogne, des paysages de Champagne ou du savoir-faire des vignerons bordelais. On peut préférer l’eau à table et se réjouir de voir un domaine français distingué à l’étranger.

Bon à savoir

Parmi les Français qui ne boivent pas de vin, trois sur quatre reconnaissent la valeur de ce patrimoine, et près d’un sur deux (47 %) se dit fier quand un vin français est reconnu à l’étranger.

Le vin fait partie de ces rares produits qui racontent un pays bien au-delà de leur consommation. Un patrimoine vivant, façonné par des générations de femmes et d’hommes, qui participe au rayonnement de la France. Samuel Montgermont, président de Vin & Société, y voit d’ailleurs « moins un héritage à conserver sous cloche qu’un capital culturel vivant, à transmettre et à faire rayonner ».

6,8 milliards d’euros

C’est la valeur que Deloitte attribue au patrimoine culturel immatériel du vin, selon sa méthode d’évaluation économique. Il ne s’agit pas d’un chiffre d’affaires, mais d’une estimation de la valeur que les Français accordent au renforcement de ce patrimoine.

Boire moins ne signifie pas aimer moins

Pour la filière viticole, confrontée à la baisse de la consommation et à l’évolution des habitudes, cette étude apporte un éclairage précieux. L’enjeu n’est peut-être plus seulement de convaincre les Français de boire du vin, mais de continuer à leur donner envie de le découvrir, de rencontrer ceux qui le produisent et de comprendre ce qui rend chaque terroir singulier.

Car on peut boire moins souvent, mais choisir avec davantage d’attention. Réserver une belle bouteille pour une occasion particulière. Visiter un domaine pendant les vacances. Ou simplement prendre plaisir à écouter un vigneron raconter son métier.

Le vin n’a pas besoin d’être tous les jours sur nos tables pour continuer à faire partie de nos vies. Et c’est sans doute la meilleure nouvelle de cette étude.

Source : Deloitte pour Vin & Société, « Valeur immatérielle de la filière vin en France », août 2026 (notamment pages 30, 31 et 37).


Pour la première fois, une étude mesure l'attachement des Français au patrimoine culturel du vin. Menée par le cabinet Deloitte pour Vin & Société, l'association qui représente la filière, auprès de 2 040 personnes, elle livre un verdict net : 86 % des Français estiment que le vin fait partie de l'identité culturelle du pays.

Co-fondateur et rédacteur en chef adjoint. Ex-communicant et passionné de cartographie viticole, il met sa plume au service du vin et des hommes qui le font.

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